éditorial

Peut-on concilier la science et le livre ?

La science désigne un ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d’objets ou de phénomènes qui obéissent à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales. Elle réduit les propriétés du réel, afin de mieux pouvoir les expliquer. Cette représentation du réel est aussi prédictif. Ceci a conduit historiquement à la définition de disciplines précises qui portent chacune sur un domaine particulier du savoir scientifique comme les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie, la sociologie, etc. Ces disciplines se distinguent par leurs méthodes ou leurs objets, mais aussi par leurs institutions : revues, sociétés savantes, enseignement, ou même leurs diplômes.

La science est multiple. Si chaque discipline paraît relativement autonome pour le grand public (et quelquefois aussi pour les acteurs même de la recherche), elle bénéficie des avancées théoriques, des concepts, des méthodes des autres disciplines, comme par exemple l’interaction entre les sciences cognitives et les réseaux informatiques. La recherche, dans chaque domaine particulier, bénéficie des progrès technologiques dus aux avancées théoriques dans d’autres domaines. Citons par exemple : le rôle de l’informatique en biologie ; l’utilisation des lasers en microscopie ; les ultrasons en imagerie médicale, l’IRM dans les neurosciences. La science est une construction collective.

Le travail de recherche est de plus en plus spécialisé et paradoxalement il a d’autant plus besoin des avancées d’autres domaines. Le grand virage a eu lieu durant la seconde guerre mondiale : le projet Manhattan, un succès technologique qui a abouti à la fabrication de la bombe atomique (qui n’est certainement pas un succès éthique), constitue le premier exemple d’équipe pluridisciplinaire, fruit de la coordination entre des physiciens, des chimistes, des spécialistes du calcul numérique, des ingénieurs, pilotés par des organisateurs. Ces recherches intégrées se sont depuis lors généralisées à l’ensemble de la recherche y compris la biologie comme dans le séquençage des génomes.

Aujourd’hui, il est devenu impossible pour quiconque de couvrir tout le champ de la connaissance scientifique, aussi le chercheur spécialiste d’un domaine particulier se trouve de plus en plus dans la posture du « grand public » dès qu’il aborde les autres domaines de la connaissance. Ceci oblige le chercheur à diffuser largement, et à différents niveaux, les avancées de la recherche en s’adaptant au mieux au public ou plutôt aux publics potentiels. En effet les publics sont très variés, tant en termes de niveau scientifique, de centre d’intérêt, d’âge, de réceptivité à la science que de curiosité.

La diffusion des connaissances ou des avancées de la science requiert donc de véritables interprètes, capables de faire des synthèses mais aussi de rendre fidèlement et de façon intelligible les nouveaux concepts et les méthodes utilisées. Les publics de cette diffusion ne sont pas uniquement des récepteurs mais peuvent aussi être des acteurs de la production de savoirs, qu’ils soient chercheurs, comme il est dit précédemment, ou « grand public » curieux ou participant (in)directement à la recherche. C’est par exemple le cas de la coopération entre astronomes amateurs et professionnels, c’est également le rôle des associations de malades dans la recherche sur le sida, le cancer et les pathologies d’origine génétique.

C’est seulement à partir du milieu du 19ème siècle que la science est devenue source de technologies pour ses propres besoins de recherche et pour la société. Ainsi certaines pratiques précédent les concepts, dont l’exemple type est la sélection des plantes et des animaux bien avant l’avènement de la théorie de l’évolution. Par contre actuellement, le développement des plantes génétiquement modifiées est le résultat des avancées de la biologie moléculaire.

Le livre est un moyen pour tous d’accéder à la connaissance scientifique et donc d’augmenter la culture de chacun. Ce qui doit permettre des débats démocratiques sur l’introduction des nouvelles technologies dans la société. Tout ce que nous sommes capables de faire doit-il être fait ?

2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018

L’association Science et Livre (ASEL) organise un festival adapté à tous les publics. Des ateliers ludiques diversifiés : lecture, écriture, animations/démonstrations scientifiques sont adaptés pour les scolaires et le grand public et des conférences sont proposées. Un catalogue critique de livres de vulgarisation scientifique constitue le fil rouge du festival et est ensuite diffusé. Une journée de réflexion et d »échanges sur le rôle du livre de vulgarisation scientifique est proposée aux enseignants, personnel de bibliothèques et de médiathèques en partenariat avec La maison pour la science au service des enseignants.

A bientôt au Festival Science en Livre.

Jean Claude D’Halluin
Président de l’Association Science Et Livre

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