Crimes et délits : la balistique

La balistique est la science du mouvement des projectiles. Sur le plan criminalistique, elle concerne les armes à feu et leur utilisation : déterminer la nature de l’arme utilisée, la distance de tir et le nombre de coups de feu tirés.

Sur la scène de crime, les armes ou fragments d’arme, les projectiles, les cylindres de laiton ou de cuivre éjectés par les armes automatiques et qui contiennent la poudre servant à la propulsion (douille pour les armes comme les fusils de chasse) sont collectés, numérotés, photographiés puis enfermés dans des boîtes scellées et envoyés pour analyses. Toutes les pièces métalliques sont recherchées parfois même avec un détecteur de métaux. Les traces de plomb ou de cuivre laissées sur une paroi ou dans un sol sont détectées chimiquement par un kit BTK. Tous ces éléments peuvent permettre de remonter au type d’arme utilisé.

1-Sur la scène de crime

En matière de balistique, on distingue :

– la balistique intérieure et la balistique de bouche

– la balistique extérieure

– la balistique terminale

La balistique intérieure ou interne concerne une arme rayée ou lisse dès le départ du coup.

les munitions pour arme à canon rayé sont composées de cinq éléments : la douille (ou étui), la capsule d’amorçage, l’amorce de la capsule, la poudre (ou charge propulsive) et le projectile. Les munitions pour armes lisses, cartouches de chasses comportent : la capsule d’amorçage, la charge propulsive (simple/double base), une ou plusieurs bourres, un dispositif d’étanchéité des gaz, des billes (en plomb) ou projectile unique.

La balistique intérieure comprend tous les phénomènes qui se produisent de la mise à feu de la poudre jusqu’à la sortie de la balle du canon. La balle est éjectée quand le percuteur frappe l’amorce ce qui enflamme la poudre et détend les gaz. Le diamètre de la balle est légèrement supérieur à celui du canon aussi elle y entre en force et tourne sur elle-même tout en suivant les rayures en forme de spirale du canon dont le relief s’incruste sur la balle. Pour atteindre sa cible la balle doit tourner sur elle-même pour partir en ligne droite. L’étude des rayures peut servir à identifier l’arme utilisée. Chaque arme est unique.

La balistique de bouche peut renseigner sur le type d’arme et la distance de tir. En fonction de l’évasement de la bouche, les traces laissées sont différentes. Les projectiles engendrent des projections de suie, de bourre, de poudre non brûlée qui permettent de déterminer la distance de tir.

La balistique extérieure considère le déplacement du projectile, de la sortie du canon à la cible. La portée d’un projectile peut être de plusieurs kilomètres. Le projectile est freiné selon les milieux traversés, l’air, la neige, la pluie, etc, mais aussi les terrains survolés, caillouteux, désertique, marécageux, etc…Elle permet de déterminer la position du tireur et ainsi de retrouver des douilles.

La balistique finale ou terminale concerne les effets du projectile sur la cible. La gravité d’un blessure dépend de l’endroit de l’impact et de la quantité d’énergie perdue dans les tissus. Si la balle traverse un tissu vivant, et non une zone vitale, sans se déformer et abandonner son énergie, la blessure est légère . Cependant si la vitesse du projectile est faible, il se déforme au contact de l’impact et cède son énergie, dans ce cas les blessures sont importantes (exemple : fusil de chasse).

Sur la scène de crime, les trajectoires sont reconstitués à l’aide de fils et de baguettes tendues et mesurées. Des photos et dessins sont pris et analyser avec un logiciel « Panatour »qui permet de recréer des images panoramiques, parfois il y a intervention d’un laser 3D qui une scène virtuelle dans laquelle les techniciens peuvent évoluer.

2-Au laboratoire

Chaque pièce rapportée est à nouveau photographiée. Des pesées, des mesures des étuis et des balles ainsi que des analyses chimiques sont effectuées sur ces objets. L’arme retrouvée est examinée minutieusement. Les traces laissées sur les projectiles sont étudiées grâce à un macroscope, appareil qui permet même à faible grossissement d’obtenir des images nettes et précises, scannées, les ordinateurs cherchent dans une base de donnée l’image la plus proche possible de celle de la douille trouvée. Ces données sont rentrées dans un fichier informatique commun aux différentes forces de police.

Toutes ces actions permettent d’identifier le calibre et de confirmer ou infirmer si les armes et projectiles trouvées sur place sont responsables du crime et aussi de voir des concordances avec d’autres affaires.

L’arme est ensuite testée au stand de tir. Il faut vérifier son état de marche et si des modifications ont été effectuées après sa fabrication, pour cela il faut mesurer la pression nécessaire sur la queue de détente pour faire feu et tester si un choc accidentel ne provoque pas le départ du coup. Des tirs sur cible renseignent sur la direction et la distance d’éjection des douilles. Pour savoir s’il s’agit de l’arme du crime, deux dispositifs sont utilisés : un tunnel de tir, tube d’acier monté sur pendule et rempli de coton qui absorbe l’énergie ; une cuve remplie d’eau de densité progressive qui freine le projectile. Ce qui permet de récupérer les balles intactes.

Il faut ensuite comparer les étuis retrouvés et ceux de l’arme testée, de même avec les balles avec un double macrocope. La juxtaposition des deux images sur un écran permet d’examiner les marques et si il y a correspondance, l’arme retrouvée est bien celle du crime, si aucune arme n’a été retrouvée on parle de modèles potentiels. Chaque arme possède un numéro de série et nécessite un port d’arme, il est donc possible dans ce cas de retrouver le tireur.

La police scientifique dispose d’une collection d’armes (environ 10 000 armes différentes de 1877 à nos jours)  et de munitions (depuis 1880) : armes d’alarmes, armes de tir, armes de guerre, armes de chasse, armes artisanales, etc, retrouvées sur les scènes de crime. La plupart ont été données par des particuliers ou récupérées auprès des tribunaux.

3-Armes et réglementation

Les armes sont réglementées en huit catégories (textes de 1939 revus en 1995) et ne sont pas toutes autorisées :

– 1ère catégorie : armes de guerre : fusil d’assaut, pistolet mitrailleur, fusil mitrailleur, lance grenade, lance roquettes. Interdites sauf pour ceux qui assurent la sécurité du pays et des citoyens et certains tireurs sportifs qui disposent d’une autorisation préfectorale.

– 2ème catégorie : supports des armes militaires : aéronefs, l porte-avions, sous-marins, chars d’assaut. Interdites,

– 3ème catégorie : armes nucléaires, bactériologiques et chimiques. Interdites,

– 4ème catégorie : armes de défense : fusil à pompe, revolver, etc… et les armes de tir dont la détention  nécessite un accord préfectoral.

5ème catégorie : armes de chasse à canon rayé ou lisse qui doivent être déclarées, surtout celles à canon rayé. Les autres armes, fusil superposé, fusil à un coup sont en vente libre et en détention libre, c’est à dire sans formalité.

6ème catégorie : armes blanches tels que poignard, couteau de combat, baïonnette, etc autorisées à la détention à domicile mais pas au port et armes de dissuasion comme les bombes aérosols, en principe autorisées au port.

7ème catégorie : armes de tir : carabines de salon, de jardin, de foire, 22 long rifle à répétition manuelle ou à un coup ; armes à canon lisse de faible calibre (6mm) ou armes utilisant des munitions à percussion annulaire dont la détention est autorisée.

– 8ème catégorie : armes de collection : armes blanches telles que sabre, épée, etc… liste consignée au JO ; armes de tir de toute catégorie : fusil d’assaut, mitrailleuse, etc…et munitions neutralisées officiellement après passage au banc d’épreuve à St Etienne. Armes trouvées sur les anciens champs de bataille, qui doivent faire l’objet d’une déclaration et d’une neutralisation.

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