Crimes et délits : recherche des traces biologiques

La méthode des empreintes génétiques a été introduite en criminalistique par un biologiste britannique, Alec Jeffreys, en 1985. L’information génétique d’un individu est unique car aucun autre membre de l’espèce ne possède la même séquence d’ADN. En identifiant certaines séquences d’ADN laissé sur les lieux d’un crime par son auteur et en les comparant à celles qui sont présentes dans l’ADN d’un suspect, il est possible de disculper ou de confondre un suspect avec une très grande sûreté.  L’ADN est extrait des cellules laissées sur les lieux du crime qui peuvent être des taches de sang, de sperme, des cellules buccales déposées par  de la salive, des cheveux…

Établir le profil génétique d’un individu c’est donc rechercher son ADN. Ce processus est automatisé et les fichiers sont informatisés et enregistrés, ce qui permet de comparer facilement deux individus, ou de rechercher dans les fichiers un individu possédant le même profil génétique que celui retrouvé sur la scène de crime, donc celui du coupable. Si le profil génétique établi n’est pas enregistré dans les fichiers alors il s’enregistre  automatiquement et peut-être qu’il servira plus tard.

Le sang fait souvent partie du quotidien des scènes de crime, impossible donc de l’ignorer.
 Les traces de sang peuvent constituer des indices tout à fait intéressants pour la compréhension des événements qui se sont déroulés sur la scène de crime.
 Les projections de sang, pouvant appartenir au criminel ou à sa victime, confèrent aux enquêteurs un moyen de reconstituer l’enchaînement des événements de violence.  La recherche de taches de sang par des moyens optiques se limite le plus souvent à l’observation à l’œil nu. Cette simple observation convient souvent très bien, à l’exception, bien sûre, des cas où le support est foncé. Parfois, les traces de sang peuvent être nettoyées par le coupable ou les complices et ainsi devenir invisibles à l’œil nu. L’hémoglobine, a tendance à rester fixée sur les tissus. Il existe donc des méthodes de révélation des zones tachées de sang (en plus de l’utilisation du Polilight) :

– L’eau oxygénée seule est un moyen de mettre en évidence la présence de sang. En effet, l’hémoglobine qui possède un activité catalase transforme l’eau oxygénée en eau et dioxygène. La production de dioxygène entraîne la formation de mousse.

– Le luminiol est une molécule qui possède la particularité d’émettre une luminescence (des photons) en présence d’un activateur (l’eau oxygénée). La présence d’un catalyseur accélère fortement cette réaction chimique, et c’est le cas du fer (contenu dans le sang), qui permet donc d’observer la présence de taches de sang dans l’obscurité.

Lorsque du sang est retrouvé sans corps à proximité, les techniciens de la police scientifique doivent s’assurer qu’il s’agit bien de sang humain et non du sang d’un mammifère. Les sangs des différentes espèces divergent au niveau moléculaire, en effet, les protéines contenues dans le sang d’un Homme ne sont pas identiques à celle d’un mammifère et possèdent des caractéristiques communes à tous les humains.

Pour faire la différence, le sang non séché retrouvé sur une scène de crime est mélangé à un sérum contenant des anticorps dirigés contre les protéines humaines. Si les anticorps reconnaissent les protéines humaines il y aura agglutination, comme pour toute réaction antigène-anticorps.

Sur une scène de crime, les experts peuvent retrouver des poils ou des cheveux. Ils peuvent extraire l’ADN qui se trouve dans le bulbe du poil ou du cheveu. Sans ce bulbe, il s’agit alors d’une cellule non-vivante, que l’on appelle écorce du cheveu ou du poil. À l’aide d’un microscope à balayage, il est possible de retrouver des micro-traces d’arrachement permettant d’affirmer si le crime s’est accompagné de violences ou non. En effet, le cheveu a pu être arraché de façon violente de la victime avec par exemple des ciseaux, un rasoir, un couteau ou même à la main. Les scientifiques peuvent aussi établir à quelle classe physique le porteur appartient : la peau noire ou blanche, les cheveux frisés ou raides, ou encore bruns, roux ou blonds. Leur étude permet aussi de trouver s’ils ont été soumis à des opérations chimiques comme des teintures, des décolorations ou des permanentes afin d’affiner la recherche du porteur. D’une manière générale, ces analyses ne suffisent pas pour accuser un suspect, mais apportent des éléments supplémentaires.

La salive est un liquide biologique sécrété par les glandes salivaires. Elle humidifie les muqueuses et prépare les aliments pour leur digestion. Elle possède également un rôle antiseptique et protège l’œsophage. La salive est composée d’eau à 99%, ainsi que de protéines, d’électrolytes et de sels minéraux. La recherche des traces de salive s’effectue par un test chimique qui permet la détection d’une enzyme spécifique de la salive, l’-amylase quelque soit le type de tissu ou de matériel sur lequel elle se trouve. Le plus utilisé est le test Phadebas : l’a-amylase hydrolyse de l’amidon couplé à un colorant bleu libère celui-ci.

Le sperme est un fluide organique expulsé du corps lors de l’éjaculation. C’est une suspension de cellules, les spermatozoïdes dont la concentration est d’environ 100 000 cellules/µL, il est donc très riche en ADN. Pour la recherche des traces de sperme, si la simple observation est négative, des test optiques et chimiques permettent de révéler de faibles traces. Une tache de sperme peut être repérée, sur certains supports, par sa luminescence à l’aide d’une lampe UV de moyenne puissance, son  absence n’indique pas une absence de sperme. On peut aussi détecter la présence de certaines substances qui ne se rencontrent quasiment que dans le sperme avec des tests simples. Le plus communément utilisé fait intervenir une enzyme : la phosphatase acide. Étant donné leur très grande concentration dans le sperme, des spermatozoïdes ont toutes les chances d’être détecté au microscope, même sur de très petites taches. En revanche, les chances d’en détecter dans les orifices corporels d’une victime de viol diminuent rapidement au fil des heures qui suivent l’acte. Au-delà de 24h, on considère qu’il y a très peu de chances d’en trouver sur un prélèvement vaginal. Lorsque les traces de sperme sont encore liquides, elles peuvent être transférées dans un tube stérile, réfrigérées et apportées sans délai au laboratoire. Le plus simple est cependant d’absorber la trace sur un écouvillon. Après avoir prélevé tous les indices sur une scène de crime, il faut en extraire l’ADN qui se trouve dans ces échantillons pour pouvoir ensuite l’analyser.

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