Les différentes agricultures

En fonction de la productivité, différents systèmes de production agricole sont définis :

* l’agriculture intensive ou productiviste qui est caractérisée par l’usage important d’intrants et cherche à maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu’il s’agisse de la main d’œuvre, du sol ou des autres moyens de production (matériel, intrants divers).

* l’agriculture extensive qui ne maximise pas la productivité du sol et ne fait pas appel à des intrants chimiques, à l’arrosage ou au drainage, mais plutôt aux ressources naturellement présentes sur place. Pratiquée généralement sur de vastes étendues, elle se caractérise par des rendements à l’hectare relativement faibles.

* l’agriculture vivrière ou de subsistance est une forme d’agriculture qui consiste à cultiver des produits essentiellement destinés à nourrir la population localement.

Types d’agriculture

Les modes de culture les mieux connus sont l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. Face à la volonté de préserver l’environnement et l’évolution des pratiques, des types d’agriculture alternative se sont mises en place : l’agriculture durable, l’agriculture raisonnée, l’agriculture intégrée, l’agriculture multifonctionnelle, l’agriculture de précision. Dernièrement, un mode de culture qui se pratique en dehors du sol est apparu : l’agriculture hors-sol ou hydroponie.

* L’agriculture conventionnelle

La notion d’agriculture conventionnelle ne correspond pas à une forme d’agriculture déterminée. Toutefois, aujourd’hui dans les pays développés, elle est fréquemment employée par commodité pour recouvrir les pratiques agricoles les plus courantes et correspond aux savoir-faire classiques d’une grande majorité d’exploitants agricoles. C’est la plus pratiquée dans le monde, elle utilise beaucoup de produits chimiques plus ou moins nocifs pour prévenir des maladies et des insectes nuisibles des cultures. Non seulement, elle est nocive pour la santé des êtres vivants, mais elle entraîne la mort des sols et des sous sols. L’utilisation de fongicides, d’insecticides, d’herbicides diminue la vie dans les sols et les appauvrisse, les sols pauvres ne fabriquant plus leur propre matière organique, l’emploi d’engrais à forte dose est nécessaire.

* L’agriculture biologique

La notion d’agriculture biologique est apparue au XIXème siècle dans le monde après l’arrivée de l’agrochimie. Elle a pour objectif principal de se rapprocher des conditions de la nature. L’agriculture biologique est un ensemble de pratiques agricoles respectueuses des équilibres écologiques, du bien être des animaux et de l’autonomie des agriculteurs. Cette agriculture a pour particularité d’exclure l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants. Elle a pour but :

– d’assurer le maintien et l’amélioration de la fertilité et de l’activité biologique des sols,

– de respecter et préserver les équilibres naturels et l’environnement (faune, flore, être humain, eau, air…),

– d’établir de meilleures relations avec les consommateurs et de fournir des produits de qualités.

* L’agriculture durable

L’agriculture durable dérive de l’agriculture conventionnelle, c’est une agriculture extensive qui s’inscrit dans les perspectives ouvertes par le développement durable. L’agriculture durable n’est pas un mode de production. Il n’y a pas qu’une seule façon de faire de l’agriculture durable mais se revendiquer de l’agriculture durable c’est prendre en compte simultanément les 27 principes de la déclaration de RIO qui, rapportés aux domaines agricole et rural, peuvent se regrouper en quatre dimensions :

– L’efficience économique : systèmes de production économes et autonomes, revenus décents,

– L’équité sociale : partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision,

– La protection de l’environnement : préserver la fertilité des sols, la biodiversité, les paysages, la qualité de l’air et de l’eau,

– La culture et l’éthique : respect des générations futures, des communautés rurales et paysannes. Gestion participative de l’espace et des modes de production d’aliments de qualité.

* L’agriculture raisonnée ou dirigée

Cette expression est apparue après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques n’a pas été suffisante pour régler certains problèmes techniques et économiques. On cherche à substituer à une lutte systématique contre les ravageurs des cultures, une lutte en fonction des seuils de tolérance des cultures. La fertilisation (engrais) est pratiquée  » au plus juste « . Il s’agit de renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement, mais aussi sur les animaux et les exploitants.

* L’agriculture intégrée

L’agriculture intégrée se base sur une combinaison de lutte biologique et de moyens physiques (rotation des cultures, variétés résistantes, etc.). C’est un mode de production qui privilégie les richesses naturelles, en produisant de façon économiquement viable des produits de qualité, respectueux de l’environnement et de la santé, et des mécanismes de régulation naturels par rapport au recours à des intrants potentiellement dommageables pour l’environnement. Le respect de la diversité et l’équilibre du terrain agricole sont considérés comme un écosystème. L’agriculture « raisonnée » est le premier pas vers l’agriculture « intégrée ».

* L’agriculture multifonctionnelle

Le concept d’agriculture multifonctionnelle apparaît en 1992, lors du sommet de Rio au côté de celui de développement durable. Le terme multifonctionnalité est en fait un néologisme sous lequel sont regroupées les trois fonctions de l’agriculture : économique (sécurité alimentaire, autosuffisance et aspects nutritionnels et de qualité), environnementale (respect de l’environnement, production des effets externes positifs et prévention des effets externes négatifs) et sociale (maintien des sociétés rurales). Ce concept redéfinit donc la place de l’agriculture dans la société et ses finalités et sous-entend une nouvelle définition du métier d’agriculteur qui devient plus spécialisé et plus complexe.

* L’agriculture de précision

L’agriculture de précision qualifie l’agriculture qui fait appel aux nouvelles technologies : SIG (Système d’information géographique), GPS, satellite, informatique. Elle utilise les nouvelles technologies pour ajuster les pratiques culturales au plus près du besoin des plantes en fonction de l’hétérogénéité au sein de chaque parcelle. L’agriculture de précision est un concept de conduite des parcelles agricoles en fonction de la variabilité du sol, des plantes, de la flore adventice, etc au sein d’une même parcelle. Il est alors possible de moduler les densités de semis, les apports d’engrais ou les traitements chimiques à l’intérieur d’une parcelle. Elle permet de limiter les impacts négatifs sur l’environnement et optimise les résultats agronomiques et économiques des productions en prenant en compte les besoins réels de chaque parcelle.

* L’agriculture hors-sol ou hydroponie

L’agriculture hors-sol est une culture réalisée sur un substrat neutre et inerte (sable, billes d’argile, laine de roche….). Ce substrat est régulièrement irrigué d’un courant de solution qui apporte des sels minéraux et des nutriments essentiels à la plante. Cette culture aboutit aujourd’hui à l’aéroponie ; dans ce cas, les « supports de plantes » sont en matière plastique et des vaporisations permanentes en circuit fermé au moyen d’une pompe apportent les solutions nutritives. Des pesticides ou produits sanitaires sont utilisés dans ce type de production.

Cette culture est apparue aux États-Unis pendant la deuxième guerre mondiale pour répondre aux besoins de leur armée en légumes frais. Elle a été introduite en Europe dans les années 70. En France, les surfaces cultivées en hors sol dans des serres et grands tunnels, avoisinent 1 500 ha.

Elle s’adresse principalement à certains légumes et fruits et permet plusieurs récoltes par an. L’espèce majeure est la tomate, mais on trouve aussi l’endive, la fraise, le concombre, le poivron et l’aubergine, le melon, la courgette et la framboise.

C’est une technique de plus en plus « propre » : recyclage des solutions nutritives en cours de culture, des substrats et des végétaux en fin de traitements phytosanitaires réduits et ciblés, utilisation systématique d’insectes prédateurs, maîtrise de l’eau.

5 Replies to “Les différentes agricultures”

  1. Il y a plusieurs formes d’agriculture au Japon comme dans la plus part des pays industrialisés. Les AMAPs, c’est à dire la vente directe des agriculteurs aux consommateurs a été expérimentés initialement au Japon.

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